Emile CÉLESTIN-MÉGIE (1922)

Publié le par Association ASCODELA

Album-2 0002 Photo Célestin-M;Né à Marigot, petite ville dans le sud-est d’Haïti, près de Jacmel, le 16 octobre 1922. Dès l’âge de seize ans il publie des poèmes dans les journaux : Le Petit Marigotien (1938), puis La Nouvelle Abeille (1939. Jacmel). Puis d’innombrables articles touchant la linguistique, la littérature, l’histoire, l’éducation dans d’autres journaux de Port-au-Prince: La République, Le Soir, Le Nouvelliste, L’Aurore, La Lanterne, Le Nouveau Monde, Espiral (1960-1966), journal littéraire qu’il créa, tout comme Gindòl (1975-1985), Solèy lévé, Le Petit Samedi Soir (1971-1985) dont il deviendra directeur-adjoint en 1980. Plus tard il dirigera la section créole de l’hebdomadaire Haïti en marche (1988-2004)

 

Il occupa de nombreux emplois (greffier, agent communal, etc.). Initié par son père, il s’intéressa très tôt à langue créole qu’il servit dans de nombreux organismes tant associatifs qu’officiels: Institut Pédagogique National, Institut de Linguistique Appliquée, Groupe de Recherches pour l’Etude du Créole Haïtien (1977-1979), Mouvement Créole Haïtien , dont sortira la Société Koukouy (1968), Zetwal (société coopérative pour l’édition de livres en créole (1974), Askonna (Assosyasion konbit natif-natal). Dans ces différentes instances il fut tour à tour chercheur, rédacteur, éditeur, traducteur officiel et pédagogue. On le retrouve comme responsable de la production de matériel dans le programme d’alphabétisation ONEC (devenu ONAAC). Emile Célestin-Mégie a participé au Comité chargé de fixer l’orthographe officielle du créole haïtien (1979) et du GREKA (Groupe de Recherche pour Etudier le Créole Haïtien). Inlassablement il a recueilli dans tout le pays des chants et des poèmes, sans se priver de sources comme les groupes carnavalesques de « rara » ou les cérémonies vaudou. Son rêve et son ambition sont de faire d’Haïti la référence du créole pour tous les pays créolophones. Mais il ne s’est jamais détourné de la poésie, affirmant que « la poésie, c’est la vie », car c’est toute l’expérience personnelle qui passe dans les poèmes. Et parce que ses vibrations atteignent les êtres au plus profond d’eux-mêmes, elle peut avoir le pouvoir de transformer la société. Pour lui, il n’est pas nécessaire de savoir lire et écrire pour être poète: la reine amérindienne Anacaona illettrée n’est-elle pas connue aujourd’hui pour être une grande poétesse?

 

Comme écrivain on doit à Emile Célestin-Mégie (qui prendra par prudence sous le régime duvaliériste  le pseudonyme de « Elimed Togiram », ce qui est l’anagramme de « Emile de Marigot ») plus d’une douzaine de recueils poétiques comme Bouquet de glanures (1974) qui abonde en acrobaties verbales et montages de textes, voire des sonnets (encore inédits), deux recueils de nouvelles, deux pièces de théâtre (1967 et 1968), des biographies, des essais, des communications et des romans dont le plus célèbre, publié la même année que le Dézafi de Frankétienne, reste Lanmou pa gin baryè (1976). Il est aussi l’auteur d’une grammaire créole (Gramè Ayisien) publiée par fragments dans le journal « Le Petit Samedi Soir ».

 

Grand créoliste, connu et admiré en Haïti, auteur de textes innombrables dont beaucoup d’inédits « débordant des tiroirs » (Dominique Batraville), Emile Célestin-Mégie n’a pas bénéficié des chances éditoriales et promotionnelles de son collègue Frankétienne et reste malheureusement méconnu en dehors des frontières de son pays, ignoré même des historiens de la littérature, et même de  certains « spécialistes » du créole des Antilles.


Bibliographie romanesque

 

ROMANS

-  Lanmou pa gin baryè. Premier epok (Port-au-Prince. Ed. Fardin.1975.198 p.)
-  Lanmou pa gin baryè. 2èm epok (Port-au-Prince. Ed. Fardin.1977. 177 p.)
-  Lanmou pa gin baryè. 3èm epok (Port-au-Prince. Ed. Fardin.1981. 181 p.)
-  Kèzini (1985)
-  Agasya (2003)


NOUVELLES

-  Ale-vini Mirak (1946)
-  Lanmou Lasigway  (1967

 

 

 

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